21 octobre 2008

Exemples d'altérations dans la bible Part 2



12èmes preuve : Le commentateur Horsley dit, au sujet du 4e verset du chap. xii. des Juges, sur ce reproche des Ephratiens (ou Ephratites ou Ephraïmites) aux Galaadites" : "Il n'y a pas de doute que ce verset est erroné".

13ème preuve : On lit dans 2ème Samuel (XV. 8). le mot Aram . il n'y a pas de doute que c'est une faute, et qu'on doit lire Edom. Adam Clarke dit que c'est une erreur de copiste.

14ème preuve : On lit dans le 7e verset du même chap . . "Il arriva donc, au bout de quarante ans, qu'Absalom dit au roi..." quarante est certainement une faute ;c'est quatre qu'on doit lire.

Adam Clarke (ad. loc.) dit : "Il est certain qu'il y a une faute ici". Et plus loin : "La majorité des savants croient qu'il y a ici une erreur du copiste, qui a écrit quarante au lieu de quatre " .

15ème preuve : Adam Clarke (ad XXIII. 8 du 2ème Sam.) cite ces paroles du Dr.

Kennicott : "Ce seul verset contient trois grandes corruptions dans le texte hébreu". Ce docteur reconnaît, donc, ici trois grandes corruptions.

16ème preuve : On lit dans le 1er Chroniques (VII. 6) : "Les enfants de Benjamin sont Bélah, Béker, et Jédiaël :" et au chap. VIII. du même livre : "Benjamin engendra Bélah, son aîné ; Aschbel, qui fut le deuxième ; Achrah, le troisième: Noha, le quatrième ; et Rapha, le cinquième ".

Cependant, dans la Genèse (XLVI. 21) : " Les enfants de Benjamin sont Bélah, Béker, Aschbel, Guéra, Nahaman, Ahi (ou Eki), Rosch, Muppim, Huppim, et Ard ". Ces trois versions diffèrent entre elles sous le double rapport des noms et du nombre.D'après le premier texte, les enfants de Benjamin serait trois ; d'après le second, cinq ; d'après le troisième, dix. Les deux premiers textes appartenant au même livre, il faut admettre que le rédacteur, Esdras, s'est contredit lui-même.

De plus, il ne peut y avoir de vraie qu'une seule de ces versions : les deux autres doivent forcément être erronées. C'est ce qui a fort embarrasse exégètes qui ont dû reconnaître l'erreur et l'attribuer à Esdras. Voici ce que dit Adam Clarke sur ce verset des Chroniques : ... "Nous voyons par là que dans bien des cas les petits-fils sont appelés fils. et que ces deux appellations sont souvent confondues ensemble dans les tables généalogiques. Chercher à concilier de pareilles divergences serait une tâche aussi interminable qu'inutile.

Les Rabbins disent qu'Esdras, rédacteur de ce livre, ne savait pas si quelques-uns de ces enfants étaient des fils ou des petits-fils de Benjamin ; ils ajoutent en outre, que les tables généalogiques, suivies par Esdras, étaient souvent incomplètes ; et nous devons en rester là pour toutes ces sortes de matières".

Je prie le lecteur intelligent d'observer combien les docteurs Juifs et Chrétiens sont embarrassés ici, à tel point qu'ils ne peuvent se dégager qu'en accusant Esdras de s'être contredit. Et le savant Adam Clarke, réduit aux abois, reconnaît qu'il est inutile de chercher à concilier de pareilles divergences, et que nous devons en rester là pour toutes ces sortes de matières.

Observation. : Il faut faire ici une remarque importante. Les Juifs et les Chrétiens disent que le ler et le 2ème livre des Chroniques ont été rédigés par Esdras avec le concours des Prophètes Aggée et Zacharie. Les historiens disent d'autre part, que les livres saints, avant l'invasion de Nabuchodonosor, étaient dans un état incomplet, et qu'après cette invasion ils disparurent complètement ; et que si Esdras n'avait pas réécrit tous ces livres on n'aurait pu les trouver de son temps, moins encore après lui. C'est un fait admis par tous les " gens du livre'. ( les Israélites et les Chrétiens) sur la foi de ce qui est dit dans le livre attribué à Esdras lui-même, livre que les Protestants considèrent, il est vrai, comme apocryphe, mais qui, toutefois, mérite autant de confiance que les autres livres historiques des Chrétiens ; on y lit en effet (2ème Esd. XIV ) que les livres de la Loi furent brûlés, en sorte que personne ne la connaissait plus ; et qu'Esdras recomposa de nouveau ce qu'elle contenait par inspiration divine.

Clément d'Alexandrie dit . "Les Ecritures s'étant, perdues, Esdras les écrivit de nouveau par une inspiration divine". Tertullien dit, aussi : "On sait qu'Esdras composa les livres saints après la prise de Jérusalem par le Roi de Babylone". Et Théophilacte . "Les Saintes Ecritures s'étant perdues entièrement, Esdras les recomposa par inspiration divine". John Milner, Catholique, dit dans son ouvrage imprimé à Derby en 1 843, p. 115, "Les savants sont unanimes pour affirmer que les livres saints furent détruits par les soldats de Nabuchodonosor, et que la reproduction authentique donnée par Esdras, fut aussi perdue à l'invasion d'Antiochus".

Cela posé, je reviens aux paroles du commentateur mentionnées, ci-dessus, et dis :

1) Que le Pentateuque que nous avons maintenant n'est pas celui que Moïse a écrit, ni même celui qu'Esdras a reproduit par inspiration divine, parce qu'il ne se serait pas éloigné si souvent du texte qu'il devait reconstituer, et il ne se serait pas servi de généalogies incomplètes et fautives. On ne peut pas nous objecter qu'Esdras se servait de copies fautives du Pentateuque original, car à ce compte il serait impossible d'accorder la moindre autorité au texte reconstitué, quand même il ait été fait par Esdras.

2) Si Esdras s'est trompé dans ce livre, malgré qu'il eût le secours de deux prophètes, il est permis de supposer qu'il ait fait erreur dans les autres, il n'y a pas de mal, par conséquent, à nier tout ce qui contredit des faits avérés, ou choque la raison. Ainsi, par exemple, on peut ne pas croire ce qui est dit, dans la Genèse (XIX.), du commerce incestueux de Loth avec ses deux filles, qui donna naissance à Moab et à Ammon. On peut ne pas admettre l'histoires de l'adultère de David avec la femme d'Urie ( 1er Sam. XXI.), celle de l'idolâtrie de Salomon dans sa vieillesse ( 1er Rois XI.), et une foule d'autres histoires, qui font frissonner d'horreur tous les hommes pieux, et que la raison repousse.

3) Si un passage est corrompu, le fait qu'un autre prophète ait été envoyé par la suite sans corriger l'erreur ne prouve nécessairement pas que cette corruption a cessé d'exister ; cela n'a jamais été pratiqué par la divinité.

4) Des savants protestants ont avancé que les Prophètes et les Apôtres, quoique sujets aux fragilités humaines, sont véridiques dans ce qu'ils ont écrit, et qu'on doit considérer ce qu'ils ont avancé comme exempt de toute sorte d'erreur et d'oubli. Les Ecritures elles mêmes prouvent que cette opinion est erronée ;autrement pourquoi Esdras, qui a écrit avec l assistance de deux prophètes', ne serait-il pas également infaillible ?

5) Qu'il y a des moments et certaines circonstances où les prophètes, quoique ayant besoin de l , inspiration, n'étaient pas inspirés, comme le démontre le cas d'Esdras.

6) Que cela prouve la justesse de la croyance des Musulmans qui n'admettent pas que tout ce qui a été compris dans ces livres est inspiré, parce qu'on ne peut pas concilier l'existence de l'erreur avec l'inspiration divine, comme je l'ai déjà démontré, et comme je le démontrerai encore, avec l'aide Dieu, par la suite.

7) Que si Esdras ne fut pas infaillible, que dirons-nous de Marc et de Luc, les Evangélistes qui n'étaient pas du nombre des Apôtres pour être comme eux infaillibles ? Esdras est considéré comme prophète inspiré, et il avait été assisté par deux autres prophètes inspirés comme lui. Mais Marc et Luc n'étaient pas des prophètes inspirés. De plus, nous autres Musulmans nous ne considérons pas Matthieu et Jean inspirés, quoique les Chrétiens pensent le contraire ; ajoutez, que les écrits des quatre Evangélistes fourmillent de contradictions et d'erreurs grossières.

17ème preuve : Adam Clarke dit dans son Commentaire (ad 1er Chron. VIII. 29) : "Depuis ce verset jusqu'au verset 38, tout le passage se retrouve, avec quelque variation dans les noms, au chap. IX. 35-44. Les Rabbins disent qu'Esdras, ayant trouvé deux livres qui avaient ces passages avec une différence dans les noms, a cru mieux faire de les insérer tous les deux, n'ayant pas pu distinguer lequel était le plus correct". Nous pouvons répéter à ce sujet ce que nous avons dit à l'article précédent.

18ème preuve : Il est dit (2ème Chro. XIII. 3) que l'armée d'Abia était de 400.000 hommes, et celle de Roboam de 800.000 hommes. Au verset 15, on dit qu'il tomba, dans le combat, 500.000 soldats de l'armée de Roboam. Ces chiffres ont paru exagérés par rapport à ces petits rois, et la Vulgate leur a substitué respectivement quarante, quatre-vingt, et cinquante mille. Des commentateurs ont approuvé cette altération du texte. Horne dit : "Le chiffre donné par la version latine est préférable". Adam Clarke (ad loc.), après avoir cité les variantes de divers manuscrits, conclut en ces termes : "Le lecteur a maintenant toute l' évidence qu'il m' a été possible de placer sous ses yeux; il peut choisir . les plus petits nombres me paraissent les plus corrects. Nous avons souvent eu occasion de soupçonner de pareilles corruptions dans les livres historiques et de nous en plaindre".

19ème preuve : On lit (2ème Chron. XXXVI. 9 ) . " Joachim avait huit ans, à son avènement " on lit toutefois dans le 2ème livre des Rois (XXIV. 8) : " Joachim était âgé de 18 ans lorsqu'il monta sur le trône ". Voici les paroles d'Adam Clarke sur ce dernier passage : "Le 2ème Chroniques (XXXVI. 9) porte , huit' , mais c'est une erreur . en effet Joachim après un règne de trois mois, fut conduit captif à Babylone, et là il avait des femmes ; or il n'est pas probable, qu'un enfant de 8 ou 9 ans eût des femmes, il n'est pas probable, non plus, qu'un enfant de cet âge eût déjà 'fait ce qui était mauvais devant l'Eternel'. Ce passage des Chron. doit donc être corrompu".

20ème preuve : Dans le texte hébraïque des Psaumes (XXI. 17 d'après quelques copies, et XXII. 16 d'après d'autres) on lit : " Mes deux mains comme le lion ". Les versions, tant Catholiques que Protestantes, donnent : "Ils ont percé mes mains et mes pieds". Voilà, donc, les partisans des deux sectes qui sont d'accord pour altérer le texte.

21ème preuve : Adam Clarke dit (ad LXIV. 2ème d'Isaïe ) . "Pour ma part, je suis enclin à croire que le texte est très corrompu en cet endroit ; ..." il faut lire : " Comme la cire se fond au feu ".

22ème preuve : Le 4e verset du même chap. d'Isaie, mentionné à l'art. précédent , est ainsi conçu . " Car on n'a jamais ouï, ni entendu des oreilles, et l'oeil n'a jamais vu d'autre Dieu que toi, qui fit de telles choses à ceux qui s'attendent à lui ". Voici comment Paul transcrit ces mots ( 1er Cor. 11. 9) : " Comme il est écrit : Ce sont des choses que 1'oeil n'avait point vues, que l'oreille n'avait point entendues, et qui n'étaient point venues dans l'esprit de l'homme, et que Dieu avait préparées à ceux qui l'aiment ".

Quelle différence entre ces deux textes . Le Commentaire de Henry et Scott dit : "Il paraît que le texte hébraïque est corrompu". Adam Clarke, en commentant ce passage d'Isaïe, rapporte différentes opinions qu'il réfute, et ajoute : En présence de ces difficultés je ne sais si je puis faire autre chose qu'offrir au lecteur cette désagréable alternative : ou bien de considérer le texte hébreu et les Septante comme altérés ici par les Juifs de propos délibéré, - et l'on a de grands soupçons contre eux au sujet d'autres passages du Vieux Testament cités dans le Nouveau (voy. le Dr. Owen sur la version des Septante, secs. VI. IX.) ; ou bien de considérer la citation de St. Paul comme n'ayant pas été faire du livre d'Isaie, mais de l'un ou de l'autre des deux livres apocryphes intitulés l'Ascension d'Isa'ie et l'apocalypse d'Elie, dans lesquels on a trouvé ce passage ; et quelques-uns supposent que l'Apôtre a, dans d'autres endroits, puisé dans ces livres apocryphes. Comme la première de ces deux conclusions ne sera peut-être pas admise par plusieurs, je dois, franchement, avertir mes lecteurs que la seconde est considérée par Jérome comme très peu moins grave qu'une hérésie".

23ème à la 28ème preuve : De l'aveu de Horne, les passages suivants du texte hébreu sont corrompus :

1) Malachie III 1

2) Michée V 3

3) Psaumes XVI. 81 1

4) Amos IX. 11, 12

5) Psaumes X. 6-8

6) Psaumes CX 4.

Ainsi, ce critique distingué de la secte Protestante reconnaît que le texte hébreu est corrompu dans ces six passages. Son aveu consiste en ceci, que le 1er passage est cité par Matthieu (XI. 10), Marc (1. 2), et Luc (VII. 27), et la citation de ces Evangélistes diffèrent du texte hébraïque et des anciennes traductions en ce qui les paroles devant ta face dans "voici, j'envoie mon ange devant ta face ", ne se trouvent pas dans Malachie ; et que les paroles :qui préparera ton chemin devant toi, sont dans Malachie, " Et il préparera la voie devant moi ".

Horne dit dans une note à ce propos : "Il n'est pas possible d'expliquer autrement cette différence qu'en supposant que quelque corruption se soit glissée dans les anciennes copies". Le second passage est cité par Matthieu (11. 6) ; le 3e par Luc (Act. 11. 25-28) ; le 4e par Luc aussi (Act.XV. 16, 17) ; le 5e par Paul (Héb. X. 5-7). Tous ces passages diffèrent des textes originaux. Le 6e est cité par Paul (Héb. V. 6). Je n'ai pas pu bien comprendre la différence qu'offre cette dernière citation, mais, comme Horne est un des critiques Protestants les plus distingués, son opinion fait autorité.

29ème preuve : On lit dans le texte hébraïque de l'Exode (XXI. 8) : " Qu'il l'affranchisse ", en parlant de l'esclave qui déplaît aux yeux de son maître . la leçon en marge est "qu'il la maintienne chez lui".

30ème preuve : On lit (Lévit. XI. 21) une prescription relative aux insectes qui sautent sur la terre ; la leçon en marge ajoute la négation "non pas". Ce qui donne au passage un sens opposé .

3lème preuve : Même contradiction entre le texte et la leçon en marge dans le Lévitique (XXV 30). Les traducteurs protestants ont préféré, dans les trois passages susmentionnés, la leçon en marge à celle du texte, ce qui prouve qu'ils ont considéré le texte comme erroné. Ces variantes

rendent les prescriptions tout à fait douteuses, parce qu'on ne peut pas dire si c 'est l'affirmation, ou la négation. que l'auteur sacré sa voulu donner. On voit par là que l'assertion de ces Messieurs, qu'aucune des prescriptions, aucun des préceptes de l'Ecriture n'a été affecté par des altérations du texte, est inexacte.

32ème preuve : On lit dans les Actes (XX. 28) "... pour paître l'Eglise de Dieu, qu'il a acquise par son propre sang ". Griesbach dit ici . "Le mot Dieu est une faute ; il faut lire le Seigneur".

33ème preuve : On lit dans la 1ère Epître de Paul à Timothée (III. 16 ) . "Dieu s'est manifesté en chair ". Griesbach dit que le mot Dieu est erroné, et que la version la plus correcte est le pronom de la 3ème personne, c'est-à-dire, " lequel'.

34ème preuve : Dans le 13e verset du chap. VIII. de la Révélation (viz, Apocalypse) il est dit . " J'ai vu un ange qui volait ". Griesbach et Sholtz disent que le mot "ange" est une erreur, et que la version la plus correcte est le mot "aigle".

35ème preuve : Dans le verset 21 du chap. V. de l'Epître de Paul aux Ephésiens on trouve : "Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Dieu". Griesbach et Sholtz disent qu'il n'y a aucun doute que le mot Dieu a été inséré par erreur au lieu de Christ.

Nous nous contenterons de ce qui précède pour ne pas paraître trop long.




_________________________ La suite ______________________







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