21 octobre 2008

Exemples d'altérations dans la bible Part 1






La corruption de l'Ecriture est de deux sortes :

1) Corruption textuelle, c'est-à-dire, faite par des altérations, des interpolations, ou des suppressions

2) Corruption interprétative, c'est-à-dire, celle qui attribue au texte plutôt un sens qu'un autre. Sur ce second point il n'y aucune divergence entre les Chrétiens et nous.

Les Protestants et les Catholiques sont unanimes à admettre, avec nous, que les Juifs corrompent par une interprétation erronée les passages de l'Ancien Testament qui, à leur dire, se rapportent au Messie ; les Protestants et les Catholiques s'accusent, les uns les autres, du même procédé à l'égard de divers passages des deux Testaments. Il ne reste donc que le premier point, que les théologiens des deux sectes feignent de contester avec la plus grande énergie, et par toute sorte de citations fausses, calculées à surprendre la bonne foi des illettrés parmi les Musulmans, ou à induire en erreur les lecteurs superficiels.

C'est ce point seul qui a besoin d'être prouvé, et j'espère pouvoir le faire ici avec l' assistance divine. Je dis, donc, qu'il y a dans l'Ecriture :

1) Des passages altérés

2) D'autres qui sont des interpolations

3) Des passages qui ont été retranchés du texte primitif

Je diviserai par conséquent mon exposition en trois sections.



PREMIÈRE SECTION . - Passages Altérés



Sache que les textes les plus célèbres de l'Ecriture sont au nombre de trois :

1) Le texte hébreu, suivi par les Juifs et par les Protestants

2) Le texte grec, adopté par les Chrétiens jusqu'au 15e siècle, et qui est encore suivi par l'Eglise Grecque, et par les Eglises Orientales. Ces deux textes comprennent tous les livres de l'Ancien Testament.

3) Le texte samaritain, qui est conforme au texte hébraïque, mais ne comprend que sept livres du Vieux Testament, c'est-à-dire, les cinq livres de Moïse, le livre de Josué, et celui des Juges, parce que les Samaritains n'admettent pas l'authenticité des autres. Ce texte contient une foule de variantes et de passages qui ne se trouvent point dans la Bible hébraïque. Plusieurs critiques protestants, notamment Kennicott, HaIes, Houbigant, croient que le texte samaritain mérite plus de confiance que l'hébraïque, qui, selon eux, aurait été altéré par les Juifs.

Et en effet tous les savants protestants ont quelque fois recours à ce texte pour l'éclaircissement de quelques passages, et le préfèrent au texte hébraïque.

Passons maintenant à l'exposition détaillée de notre thèse :

1er preuve. Le temps qui s'est écoulé, depuis la création d'Adam jusqu'au déluge, est, d'après le texte hébraïque de 1656 ans, d'après le grec de 2262, d'après le samaritain de l 307 ans. Le Commentaire de Henry et Scott donne (à la fin de la Genèse) un tableau de l'âge des Patriarches, à la naissance de leurs fils respectifs, suivant les trois textes ; le voici :









"Une autre copie de la version grecque, ajoute le Commentaire de Henry et Scott, donne la période de 2242, et Josèphe la fait de 2256". On voit qu'il y a sur ce point, parmi les trois textes, des différences énormes qu'il est impossible de concilier. Noé, étant lors du déluge, selon les trois textes de 600 ans, et Adam ayant vécu 930, il s'ensuit que, d'après le texte samaritain, les deux Patriarches auraient passé ensemble 223 ans, ce que contredisent les deux autres textes, car la Genèse hébraïque fait naître Noé 126 ans après la mort d'Adam, et la Genèse des Septante après 732 ans. C'est pour cette raison, je pense, que Josèphe, si estimé chez les Chrétiens, rejetant les deux versions, a adopté pour le déluge la date 2256 donné ci-dessus.
2ème preuve : Depuis le déluge jusqu'à la naissance d'Abraham il s'est écoulé, 292 ans selon le texte hébraïque, 942 d'après le samaritain, et 1072 d'après le texte grec. Le dit Commentaire de Henry et Scott donne, aussi, un tableau, où sont noté les âges des divers Patriarches de la seconde période, depuis le déluge jusqu'à la naissance d'un fils ; mais ne donnant pour le fils de Seru (Arphaxad) que la simple date depuis le déluge. Voici ce tableau :





Ici, aussi, on voit des différences qu'il n'est pas possible de concilier, et comme Abraham serait né, d'après le texte hébreu, l'an 292 du déluge, et que Noé a vécu, après cet événement, selon la Genèse (IX. 28), 350 ans, il s'ensuit qu'a la mort de Noé Abraham devait avoir 58 ans, ce que contredisent la Genèse samaritaine et la Genèse grecque, puisque, d'après celle-ci, Abraham serait né 722 ans après la mort de Noé, et d'après l'autre, 592. De plus, le texte grec donne entre Arphaxad et Saleh un génération, celle de Caïnan, que les deux autres passent sous silence. C' est le texte grec que Luc a suivi pour sa généalogie du Christ.
Ces divergences excessives ont divisé les opinions des docteurs chrétiens, et ont obligé les chronologistes à rejeter les trois textes et à fixer cette date de la naissance d'Abraham à l'an 352. L 'historien Josèphe les a également rejetés et a porté la date de 992, comme on le voit dans Henry et Scott. Le plus illustre docteur du 4e siècle, Augustin, et des théologiens distingués des premiers siècles, pensent que le texte grec est le plus correct. Horsley (Com. sur la Gen. XI. 11) et Hales sont d'avis que le samaritain doit être préféré ; le célèbre Horne semble aussi pencher vers la même opinion. Cette opinion serait, aussi , celle du
Commentaire de Henry et Scott, qui rapporte, sur la chronologie du Vieux Testament, les paroles d'Augustin, que j'ai déjà citées dans l'introduction, c'est-à-dire, que "les Juifs auraient altéré le texte hébraïque pour ce qui regarde l'âge des Patriarches, qui ont vécu avant et après le déluge, jusqu'à Moïse, afin de discréditer le texte grec, et par inimitié contre le Christianisme ." et qui ajoute, après, que telle était aussi l'opinion des premiers pères de l'Eglise, qui accusaient les Juifs d'avoir fait les dites altérations en 130 de l'ère Chrétienne.
Horne dit, dans le 2ème volume de son Introduction : "Hales a prouvé par des arguments sérieux l'authenticité de la copie samaritaine. Je ne puis ici résumer ses arguments. et je doit renvoyer le lecteur à son ouvrage" (p. 80 et suiv.). Kennicott dit : "Si l'on considère le caractère des Samaritains, leur respect bien connu pour les livres de la Loi, et surtout, si on se rappelle le célèbre entretien entre Jésus et la Samaritaine, où celle-ci invoque le texte samaritain des Ecritures (Jean IV. 19, 20), sans que Jésus la corrige, si l'on considère tout cela, dit je, on conviendra que c'est les Juifs qui ont altéré le texte hébraïque, et que le texte samaritain est celui qui mérite le plus de foi". Voyez comment ils sont enfin forcés de convenir de l'altération de leurs Ecritures !



3ème preuve : On lit dans le Deutéronome (XXVII. 4) : " quand vous aurez passé le Jourdain, placez les pierres (selon ce) que je vous recommande aujourd'hui, sur la montagne d'Ebal, et enduisez-les de chaux". Le texte samaritain dit :"'Placez les pierres, sur le mont Ghérizim ". Ainsi d'après le texte hébraïque, Moïse aurait recommandé aux Hébreux d'établir l'autel sur le mont Ebal, tandis que d'après le samaritain, il aurait recommandé de le construire sur le Ghérizim. C'est une dispute célèbre entre les deux sectes, qui s'accusent, l'une l'autres d'avoir altéré les Ecritures dans cette partie ; les mêmes discussions se sont reproduites parmi les savants protestants.
Le célèbre Adam Clarke dit (ad XXVII. Deut.) : "Kennicott soutient la leçon samaritaine ; Parry et Verschuir la leçon hébraïque. Mais on croit que les arguments donnés par Kennicott son irréfutables, et on en conclut que les Juifs ont altéré le texte hébraïque par haine pour les Samaritains. Tous reconnaissent que Ghérizim est une montagne couverte de végétation, possédant le nombreuses sources ; tandis que le mont Ebal est un roc aride. La nature même semble avoir désigné le premier de ces monts pour y faire entendre les bénédictions, et l'autre pour les malédictions". Ainsi d'après les raisons prépondérantes de Kennicott, c'est le texte hébraïque qui aurait été corrompu.




4ème preuve : On lit dans la Genèse (XXIX.) : " Il regarda et vit un puits dans un champ, et trois troupeaux de brebis se reposaient alentour, car on abreuvait les troupeaux à ce puits ; la pierre sur l'ouverture du puits était grande. ... Et ils répondirent, nous ne le pouvons pas jusqu'à ce que tous les troupeaux soient assemblés..."
Il faut substituer au mot "troupeaux" dans le 2ème et le 8e verset, celui de bergers, d'après la traduction arabe de Walton. Horsley dit dans son Commentaire au verset 2 . "Peut-être faudrait-il lire pâtres. Vide Kennicott ;" et au verset 8 . "Peut-être serait-il préférable de dire; jusqu'à ce que tous les bergers soient assemblés comme dans le code samaritain et les Septante, ainsi que dans Kennicott et dans la version arabe de Houbigant". Clarke dit dans son Commentaire . "Houbigant insiste fort sur l'authenticité de la leçon samaritaine". Horne est ici d'accord avec Kennicott et Houbigant ; il dit : "Je crois que par une erreur de copiste le mot 'troupeaux' a été substitué au mot 'bergers"'.




5 ème preuve : On lit dans le 2ème Samuel (XXIV. 13) le mot "Sept", et dans le 1er Chroniques (XXI. 12) le mot " trois" ; l'une de ces deux leçons est sans doute erronée. Adam Clarke dit en commentant le passage de Samuel : "Les Chroniques disent 'trois ans' et non sept, comme on le lit ici. Les Septante sont ici d'accord avec les Chroniques ; il n'est pas douteux que c'est la vraie leçon".
6e preuve : On lit dans le ler Chroniques (IX. 35) : " Le nom de sa sœur était Micah " il faudrait lire "sa femme" comme dans la Vulgate, les Septante, et les textes syriaque, arabe, et chaldéen. "C'est", dit Ad. Clarke, "cette dernière leçon qui est généralement suivie". Voilà donc un passage dans lequel la critique protestante cesse d'être fidèle au texte hébraïque, et reconnaît qu'il est erroné.



7ème preuve : On lit dans le 2ème Chroniques (XXII. 2) : " Achazias était âgé de quarante-deux ans quand il commença à régner ". C'est certainement une erreur, car Joram, père Achazias, avait quarante ans lorsqu'il mourut Achazias aurait, donc, eu deux ans de plus que son père. Dans le 2ème Rois (VIII. 26) il est dit : "Qu'il était alors âgé de 22 ans". Adam Clarke dit, en commentant le passage des Chroniques dont il s'agit : "La version syriaque et l'arabe disent vingt deux ans ; quelques copies des Septante portent vingt ans ; on croit que l'original hébraïque était conforme à cette leçon, et que la leçon actuelle résulte d'une erreur de copiste, qui aurait écrit un 'Mem' au lieu d'un 'Kef'. La leçon du 2ème Rois est la bonne. On ne saurait en effet admettre une leçon dont il résulterait que le fils était plus âgé que son père de deux ans". Horne et le Commentaire de Henry et Scott reconnaissent, également, qu'il y a ici une erreur de copiste.




8ème preuve On lit dans le 2ème Chron. (XXVIII. 19) texte hébr. : "Le Seigneur avait humilié Juda à cause d'Ahaz, roi d'Israël ". Le mot Israël est sans doute une erreur, parce qu'Ahaz était roi de Juda. La Vulgate et les Septante portent, en effet, "Juda ;" l'altération, donc, est dans le texte hébraïque .




9ème preuve : Psaumes (XL. 6) : " Tu m'as creusé des oreilles ". Paul rapportant ces paroles dans l'Epître aux Hébreux (X. 5) les transcrits ainsi : " Tu m'as donné un corps ". L'un des deux textes est certainement erroné, et les savants chrétiens se trouvent pour cela dans l'embarras.
Le Commentaire de Henry et Scott reconnaît l'erreur, mais ne sait à qui l'attribuer. Adam Clarke (ad loc.) dit : "Le texte hébraïque est altéré ici", attribuant ainsi la corruption au texte des Psaumes. Le Commentaire de D'Oyly et Mant dit, au contraire : "Il est étonnant que dans le texte grec et dans l'Epître aux Hébreux, au lieu de ce passage, il y ait celui-ci : ' tu m'as préparé un corps' . Ces commentateurs reconnaissent, donc, que l'altération est dans le texte de l'Evangile" (sc. Epître).


10ème preuve On lit dans les Psaumes (CV. 28) : " Ils ne lui ont pas désobéi " et dans le texte grec : " Ils lui ont désobéi ". Le premier passage est affirmatif, le second négatif ; l'un des deux est certainement erroné, ce qui embarrasse fort les docteurs chrétiens. Le Commentaire de Henry et Scott dit . " cette diversité entre les deux textes a donné lieu à de longues discussions. C'est une particule négative en plus ou en moins que s'est glissée par erreur dans l'un des textes, ou qui a été omise par erreur dans l'autre".




11ème preuve : Le 2ème Samuel (XXIV. 9) dit : " Alors Joab donna le rôle du dénombrement du peuple au roi, et il se trouva de ceux d'Israël huit cent mille hommes de guerre, tirant l'épée, et de ceux de Juda cinq cent mille hommes". Le 1er Rois (XXI. 5) donne pour les Israélites onze cent mille, et pour "ceux de Juda" quatre cent soixante-dix mille. Il y a, certainement, erreur dans l'un ou dans l'autre de ces deux textes.
Adam Clarke dit (ad. loc.) : "Les deux passages ne peuvent pas être à la fois corrects ; il est difficile de déterminer laquelle, entre ces deux leçons, est la bonne. La plus probable est que c'est la première. Il y a dans les livres historiques de l'Ancien Testament, de nombreuses fautes qu'il serait vain de vouloir corriger".




_________________________ La suite ______________________





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